Le Père, cruel de faire souffrir son fils Jésus?

Une amie s’interroge: "Il est cruel ce Père, qui envoie son fils Jésus souffrir pareillement!"

Que répondre?

Pour moi, c’est Dieu qui vient souffrir. Jésus est Dieu; Dieu choisit de venir nous montrer ce qu’est son amour: à quel point il nous aime. Et il nous montre aussi comment il nous invite à aimer à notre tour: jusqu’à en souffrir; jusqu’à en mourir.
Parce que c’est le chemin pour entrer dans une transfiguration dépassant la mort: c’est le véritable chemin, qui nous fait participer à la vie de Dieu et transcender notre existence actuelle, dans la résurrection avec le Christ. C’est un chemin de vie, de vie éternelle.

"Des mots"? Pas lorsqu’on a essayé d’aimer, qu’on a compris que c’est au-delà de nos forces, et donc qu’on a demandé à Dieu de venir en nous pour nous transformer, et nous faire comprendre sa croix.
On a alors découvert la joie de vivre en Dieu: "la paix qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer" (Philippiens 4,7).

Cela dit, réfléchissons un instant à la personne de Jésus, vrai homme. Il n’est pas simplement quelqu’un qui donne l’illusion d’être un homme; sa conscience d’homme est limitée, et son corps d’homme connaît tous les sentiments humains. Il sait que son Père, avec qui il est en union constante, l’envoie sur un chemin qui va vers la mort, et il l’accepte; mais il ressent l’angoisse, et va jusqu’à dire: "S’il est possible, que cette coupe passe loin de moi!" (Mt 26,39).

Et c’est pourquoi nous l’avons "reconnu comme un homme à son comportement" (Philippiens 2,7).
Il est vraiment un homme, et il nous est possible de nous engager sur le chemin de "l’imitation de Jésus-Christ" grâce à l’Esprit qu’il nous a donné.

Il est "le premier d’une multitude de frères" (Romains 8,29).

Qu’en pensez-vous?

- En réponse à la remarque d’une amie, je précise que la souffrance n’est pas un but en soi; elle était, dans le cas de Jésus, une conséquence prévisible. 

 

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Qu’est-ce qu’être chrétien?

La question est parfois posée: qu’est-ce qu’être chrétien?
Et les réponses varient…
Je suis d’ailleurs frappé par le fait que l’on trouve chez les catholiques, à propos de cette question, une tendance qui est fréquente d’habitude surtout chez les évangéliques: à savoir de s’appuyer sur une phrase ou un passage particuliers de la Bible (du Nouveau Testament en l’occurrence), sans tenir compte d’autres phrases qui disent éventuellement des choses différentes voire contradictoires.

En la circonstance c’est de choisir une phrase ou un passage particulier, et de dire: "C’est cela être chrétien", ou "C’est agir comme cela qui fait qu’on est chrétien"…

Ainsi par exemple ce dimanche le prêtre nous propose le texte d’un auteur qui explique que le "signe distinctif des chrétiens", c’est de s’aimer les uns les autres (sur la base de l’évangile du 5° dimanche de Pâques, Jean 13,34).
Et il s’interroge: ceux qui sont baptisés, et qui depuis n’ont plus aucun contact avec l’église, sont-ils chrétiens?
On pourrait alors aller jusqu’à demander – à partir de ce critère de l’amour mutuel – si les personnes qui, dans le malheur ou la maladie, prient le Seigneur avec insistance dans la solitude, sont chrétiennes!

Non, vraiment, il me semble que "le critère", s’il doit y en avoir un, n’est pas celui-là.

Un hindouiste que je rencontrais hier me parlait d’Arnaud Desjardins et me disait qu’il avait toute sa vie appliqué l’enseignement de Jésus; c’est cela, me disait cet ami, être chrétien. Je lui ai répondu que pour ma part je suis loin d’appliquer complètement cet enseignement…

Un charismatique de son côté vous dira qu’être chrétien c’est accepter le travail de l’Esprit en soi, pour être peu à peu guidé par lui; pour que ce soit lui qui agisse à travers nous. Il ne s’agit donc pas principalement d’appliquer par nos propres forces un enseignement, mais de vivre en relation avec le tout autre.

Au total je propose donc une définition très simple, qui couvre tous les cas, y compris ceux des baptisés qui ont tout abandonné:

Un chrétien, c’est quelqu’un qui est en relation avec le Christ.

Je dis bien "le Christ", et non pas Jésus. Il s’agit de Dieu fait homme, et non pas simplement d’un homme admirable.
Cela couvre le cas de tous ceux qui prient; et aussi de ceux qui imitent l’homme Jésus sans exclure qu’il soit plus qu’un homme.
Cela comprend… tous les pécheurs que nous sommes, bien loin de nous aimer les uns les autres!

Et cela comprend tous les baptisés: le baptême, "mystérieusement" (c’est à dire d’une façon que nous ne connaissons pas), a créé une relation entre ceux qui l’ont reçu et le Christ. Relation qui demeure même s’ils ont quitté la foi.

Les chrétiens sont en relation avec le Christ de façons diverses: chacun selon son chemin, et selon l’étape où il en est de son itinéraire.

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Kant: l’amour est un sentiment

Comte-Sponville, dans son livre récent "Le sexe ni la mort", cite page 20 cette phrase de Kant: "L’amour est une affaire de sentiment et non de volonté". Et Comte-Sponville dit de son côté: "L’amour ne saurait être un devoir"
N’ayant pas encore lu la suite, je ne sais si Comte-Sponville, qui est subtil et a été chrétien, s’en tiendra à cette affirmation.

Ma vision de "l’amour chrétien" est bien différente: l’amour du prochain auquel Jésus nous invite n’est pas, en tant que tel, un sentiment! Et Jésus nous donne bien un commandement !

Aimer, son prochain, soi-même et Dieu, est plutôt ce que j’appelle une question de "volonté calme". C’est un engagement que l’on prend; une voie dans laquelle on s’engage: penser aux autres, sans pour autant ressentir nécessairement des sentiments positifs pour eux. Vraiment un sens différent du verbe aimer!

Et c’est un "devoir" dans la mesure où c’est un choix pour la vie: de même que conduire bien sa voiture est un devoir…

A suivre!

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La foi: Dieu s’offre à nous

"Dieu s’offre à nous"; pas à tout moment sans doute, mais selon le parcours de chacun.

Entrer dans la foi, c’est commencer un chemin, une relation. Il ne s’agit pas  d’une certitude, mais d’une conviction très intime: que le Seigneur existe, et que la vie avec lui est ce qu’il y a de meilleur.

Avoir la foi, est-ce "penser que Dieu existe" ? Entrer dans la foi, c’est plus que cela: c’est "mettre sa foi" en Dieu, mettre sa confiance en lui; entrer dans la prière.

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Pas de femmes parmi les apôtres…

C’est un fait: Jésus a choisi douze hommes pour "chasser toute maladie" et "proclamer que le royaume est proche" (Mt 10, 1 et 7); ou bien: "pour être avec lui" (Mc 3,14); ou encore, d’après Pierre, pour être les "témoins de la Résurrection" (Actes 1,22). Dans la finale de Matthieu, il les envoie en mission (Mt 28,16-20). Le grand "discours après la Cène" de Jean semble aussi s’adresser à ces Douze.
Pourtant ce sont des femmes qui ont vu les premières Jésus ressuscité, dans Matthieu, Marc et Jean (Mt 28,9 – Mc 16,9 – Jn 20,14) . Et de nombreuses femmes suivaient Jésus.

Il y a quelques années, Jean-Paul II a décrété qu’il était impossible pour l’Eglise d’ordonner des femmes, puisque le Seigneur ne l’avait pas fait; et que cela devait être tenu pour une vérité définitive (infaillible). Ce qui n’empêche pas un certain nombre de chrétiens connus d’affirmer le contraire (par exemple Timothy Radcliffe et aussi un évêque australien qui l’a payé de la perte de son poste).

De mon point de vue, si le Christ n’a pas mis de femmes parmi les apôtres, c’est parce qu’à son époque, pour une institution qui devait se répandre dans le monde entier, il était impensable qu’elle soit ici ou là dirigée par des femmes: donc c’est une question de convenance, de réalisme par rapport à l’époque romaine. Par contre les femmes étaient nombreuses autour de lui, ce qui était déjà rompre avec les usages: mais il était là, lui, le maître, pour imposer sa façon de voir. Après sa mort…, il ne serait plus là visiblement!

Deux problèmes différents sont liés, de fait, dans le sacerdoce actuel: la célébration de l’eucharistie, et l’autorité hiérarchique.
On pourrait imaginer une organisation de l’église où les fonctions soient distinctes, et où le "président" d’une communauté chrétienne ne soit pas un prêtre, ce dernier se centrant sur le spirituel. On pourrait imaginer aussi qu’il n’y ait pas de sacerdoce du tout: pas de "fonctionnaires du culte", mais dans nos assemblées du dimanche (ou de semaine)  un "président" qui change d’une fois sur l’autre: un des membres de l’assemblée, chargé de prononcer les paroles et de faire les gestes que le Christ nous a dit de faire en mémoire de lui.

Les questions de pouvoir sont au centre des difficultés actuelles. Je verrais très bien que des femmes deviennent prêtres, mais est-ce un but en soi? La vraie question, que les anglicans et certains protestants ont sans doute mieux réglée que nous, c’est le fonctionnement souple et égalitaire de l’ensemble de l’église: tous témoins, tous au service de la charité.

Et vous, qu’est-ce que vous en pensez?

Additif le 17.7: Un blog américain (Viola.org) publie aujourd’hui un texte qui va dans le même sens: il estime qu’il n’y a pas de distinction "leaders" / "fidèles" dans le Nouveau Testament…

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Conception virginale

Ce billet est un des exemples que j’avais en tête en créant ce nouveau blog: traiter de façon pas tout à fait conventionnelle des questions de foi.
Qu’est-ce que je pense de ce que dit la Bible sur la "conception virginale" de Jésus, c’est à dire sur le fait que Marie l’ait engendré "sans avoir connu d’homme" ?
- Essentiellement, je pense que c’est possible: Dieu peut faire les miracles qu’il lui paraît opportun de faire! Les arguments contre la "parthénogénèse" (à supposer que ce soit cela dont il s’agisse, et non pas d’une vraie conception, dont le partenaire est réel, à savoir l’Esprit!) sont limités, car il y a plusieurs sortes de parthénogénèses, et ce n’est pas parce qu’on n’en connaît pas d’exemple humain qu’on n’en constatera pas un jour…
- Mais en même temps je ne suis pas sûr que ce soit très important: si la Bible dit les choses comme cela pour être en ligne avec les naissances de "demi-dieux" qui existent dans la mythologie, et non pas parce que c’est vrai, je suis prêt à l’accepter. Cela ne changera pas pour moi ce qu’a été le message de Jésus et son témoignage; sa mort et sa résurrection.
- Pourtant je trouve que cela a un sens évident: que Jésus soit "Dieu et homme", de même que quelqu’un peut être de mère anglaise et de père français, cela implique que Marie ait conçu "par l’opération de l’Esprit", et non par l’intervention d’un homme.
- Enfin je pense que le rôle de Jésus, qui est de nous introduire dans une vie nouvelle plus élevée et dans l’amour infini, suppose assez logiquement qu’il soit le "médiateur", pleinement homme et pleinement Dieu.

Et vous, qu’est-ce que vous en pensez?

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Dieu est-il présent?

C’est un sujet sur lequel il faudra revenir souvent.
J’ai l’impression que beaucoup de chrétiens agissent comme si Dieu avait été présent en Jésus et "dans la Bible", mais ne l’était pas actuellement.

Il ne s’agit pas de minimiser le scandale que représente le silence de Dieu, pour toutes celles et tous ceux qui souffrent, mais de croire vraiment que Jésus est présent comme il l’a dit; que son Esprit peut nous transformer si nous le lui demandons; que c’est son action qui peut changer le monde si nous le laissons agir en nous.

Je lis ces temps-ci beaucoup de blogs américains, de diverses tendances. Il y est question le plus souvent, soit de ce qu’il faut faire pour être "sauvé", soit de ce que nous devons faire pour transformer le monde.

Mais rarement me semble-t-il d’apprendre à écouter l’Esprit.

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