Assomption, dormition, immaculée conception

Plusieurs mots sont employés pour la Vierge Marie.

« L’assomption », définie comme un dogme en 1950 par l’Eglise catholique, ne fait pas partie de la théologie orthodoxe. La différence est cependant faible, car tous sont d’accord qu’on n’a jamais vénéré de reliques de la Vierge, et donc que son corps a disparu. Le terme « dormition », utilisé par les orthodoxes, comprend  la montée au ciel de Marie corps et âme, Marie étant la première ressuscitée.

« Assomption » signifie: « a été élevée (au ciel) » (en latin: « assumpta est »). Pas de rapport a priori avec le terme « assumer » (« assumée » par Dieu?), même si l’origine latine est commune.

« L’immaculée conception » concerne le péché originel: si catholiques et orthodoxes sont d’accord sur le fait que Marie n’a jamais péché, les catholiques l’expriment en disant qu’elle a été préservée du péché originel, alors que les orthodoxes considèrent qu’elle n’était pas une espèce de divinité incapable de toute possibilité de péché: qu’elle était donc potentiellement soumise au péché originel. La différence est assez subtile.

Concernant la possibilité pour le corps d’un humain décédé de ne pas connaître la corruption, il existe un certain nombre de saints qui sont dans ce cas.
Et concernant la disparition complète du cadavre après la mort, on rapporte le cas de sages indiens à qui cela serait arrivé (mais je n’ai pas trouvé de référence).

Marie est morte; son cadavre n’est dans aucun lieu connu; et elle est au ciel. L’Assomption fête sa place prééminente dans le ciel.

 

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« Nous devons croire ».. ?

A la messe d’aujourd’hui (15 août), le prêtre a employé l’expression « nous devons croire.. », à propos de l’assomption de Marie, je pense.

Cette expression me gêne énormément, qu’il s’agisse de l’Assomption ou d’autre chose !

Je crois en Jésus, c’est à dire que j’ai mis ma foi en lui. Je crois Jésus.

Est-ce que « je crois » ce que dit l’Eglise? Je ne sais pas si c’est en ces termes que cela se pose. Et si je le crois, ce n’est pas parce que « je dois » le croire ! C’est parce que j’ai compris avec mon coeur ce qu’elle dit, et que c’est devenu ma foi, ma conviction, ma façon de comprendre la réalité de l’amour et de Dieu.

– Je retrouve mes notes: le prêtre a semble-t-il dit: « Il faut tenir que.. » … Langage ancien!

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Dieu permet le mal – Caïn

En lien avec une très ancienne discussion sur Merlin Carothers, je rouvre la question du mal: permis par Dieu; ou voulu par Dieu?

Dieu est-il l’auteur du mal? Un passage d’Isaïe (45,7) pourrait le faire penser (trad. Chouraqui):

« Moi, le formateur de la lumière, le créateur de la ténèbre,
le faiseur de la paix, le créateur du mal.
Moi, le Seigneur, l’auteur de tout cela! »

La TOB traduit de même: « Je fais le bonheur et je crée le malheur; c’est moi, le Seigneur, qui fais tout cela! »

Et quand le sacrifice de Caïn n’est pas « accepté par Dieu » (Genèse 4,5), est-ce, de la part de Dieu, une fantaisie  … qui conduira Caïn au meurtre de son frère?

Je repense aussi au début du livre de Job (2,1-6): voici que Satan discute avec Dieu! Et Dieu lui permet de tenter Job !

Dans le cas de Caïn, la Bible ne nous dit pas pourquoi Dieu n’accepte pas son sacrifice.
Première hypothèse: 
 Peut-être que Dieu, « lisant dans les coeurs », savait que le sacrifice de Caïn n’était pas fait avec un coeur droit?

Mais il y a une autre interprétation possible: 

La leçon que veut nous donner l’écrivain biblique est peut-être (simplement) que Dieu est libre: qu’on n’a pas à savoir pourquoi il fait telle chose ou telle autre.

Et, en ligne avec le début de Job, je dirais volontiers qu’aucun mal n’arrive sans que Dieu le permette.

Mais il y a du mal sur la terre, un mal écrasant, et même Jésus, qui en souffrira comme nous et plus que nous, ne nous en donne pas la raison: « Qui a péché »? demandent les disciples en Jean 9,2; Jésus écarte cette question.

Jésus nous permet de sortir peu à peu du péché. Mais il faut, comme lui, que nous affrontions le mal.

Notes annexes:
– Je sors ces jours-ci chez BoD un petit livre qui reprend mon Dossier sur Puissance de la louange; je l’annoncerai prochainement par un billet sur le blog principal.
– Sur l’entretien de Satan avec Dieu dans le livre de Job, voir l’excellent texte de Catherine dans son livre 2 .

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Folie de la conception « moraliste » du péché

Le récent incident avec Mgr Lalanne, considérant qu’il ne pouvait pas dire si les actes pédophiles de certains prêtres sont ou non des péchés, montre à nouveau combien la conception moraliste du péché est défectueuse.

J’avais déjà constaté que l’approche, bien différente, que j’expose dans mon livre « Le fait Jésus » mettait mal à l’aise certains prêtres, qui ne comprennent pas mon équation pourtant simple: est péché ce qui est contraire à l’amour; autrement dit beaucoup de choses.
Ils ne la comprennent pas parce que pour eux, pour qu’il y ait péché, il faut que « l’acte » soit conscient, volontaire.

On vit alors sa vie morale sur le registre de la volonté et de « l’examen de conscience ». Et non pas de la relation d’amour avec Jésus, vivant et présent, dans l’Esprit.

Le mot « acte », déjà, est peu approprié. D’ailleurs l’Eglise a reconnu qu’il y a des états de péché, des situations de péché, au delà des actes individuels.

Le scandale récent monte combien il est urgent de changer, même si cela oblige de réviser beaucoup de choses.
Marc Oraison, dans son livre fort ancien « Une morale pour notre temps », avait ouvert la porte.

Certes, toute une conception de l’accompagnement spirituel et de la confession peut se trouver remise en cause. Cela peut prendre du temps.

Mais au moins, qu’à défaut de changer immédiatement la pratique, on change la théorie:
que l’on se centre sur l’amour.

 

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Ambigüité du mot « croire » !

Je retrouve la réponse que j’avais faite à un questionnaire sur la foi; on demandait notamment: « Comment l’Eglise peut-elle rejoindre le monde d’aujourd’hui? »
Et, dans la ligne de mon livre « Le fait Jésus », je répondais:

« Par la vérité, la modestie; en ne disant pas ‘je sais’ mais ‘je crois’, et ‘il n’est pas absurde de croire’ .
Auparavant, en réponse à la question « Comment le fait d’être scientifique a-t-il influencé votre manière de voir la religion?« , j’avais écrit:
« Considérablement; d’où mon livre ‘Le fait Jésus’, renversement de la façon d’approcher la révélation ».

Mais je me rends brusquement compte que le mot « croire » n’est pas pris dans le  même sens par les philosophes et par les « croyants ».

Croire, cela veut dire « ne pas être certain », la certitude n’étant pas de ce monde. Ainsi on dira « Je crois que Dieu existe » .

Mais croire quelqu’un, c’est placer sa confiance en lui « le croire ». Alors, pour l’Eglise « croire en Dieu », « Croire ce que Dieu dit », c’est tout le contraire de la position philosophique ouverte à laquelle je pensais dans ma réponse en gras ci-dessus…

 

 

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Le Seigneur est avec nous?

Le prêtre nous dit à la fin de la messe « Le Seigneur soit avec vous! », mais j’entends en général – je corrige sans doute automatiquement: « Le Seigneur EST avec vous! » La phrase latine d’autrefois était « Dominus Vobiscum », sans verbe, et la salutation de l’ange dans l’évangile de Luc (1,28) est sans verbe également et signifie plutôt « le Seigneur est avec toi ».

Le Seigneur est-il avec nous?

Pour beaucoup de gens, notamment ceux qui sont dans le malheur ou la misère, c’est une affirmation difficile à croire.
Et on pourrait me dire: qu’est-ce que tu en sais?

S’il est présent, diront certains, alors il est indifférent au mal: comme une montagne est présente et reste là, quoi qu’il nous arrive.
Ou alors diront d’autres, il n’est pas tout puissant: il nous berce de belles paroles, mais le moment venu nous nous retrouvons tout seuls…

En effet, la puissance que le Seigneur choisit d’exercer n’est pas de changer le monde pour nous éviter la souffrance et la mort.
Mais nous savons qu’il est vraiment avec nous quand nous apprenons à nous tourner vers lui. A nous tenir à lui, en serrant notre chapelet ou notre crucifix, parce que nous savons qui Il est et qu’il nous aime.

Je compare souvent Dieu à une maman très aimante, qui accompagne l’enfant que nous sommes à travers la violence et la douleur de la vie.

Car Dieu, en effet, dans notre monde, ne supprime pas le mal. Il ne nous dit même pas quelle est son origine  (voir l’excellent texte du Père Duval-Arnould).

Il nous invite à monter dans la foi et dans l’amour: à Lui faire confiance, parce que nous avons compris, en Jésus, combien il est amour. A monter dans l’amour… en aimant ! Et donc en acceptant de souffrir, car il n’est guère d’amour sans souffrance.

Notre réconfort est dans la Parole de Jésus, qui est un roc solide, et dans la fidélité à la prière, qui change à la fois notre coeur et notre esprit, pour traverser les épreuves dans la confiance, même si nous ne ressentons pas la présence du Seigneur.

 

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Serons-nous « récompensés » ?

« Très bien, serviteur bon et fidèle », dit le maître en Matthieu 25,21; et il ajoute: « Tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup; entre dans la joie de ton seigneur. »

Parfois les chrétiens, quand ils agissent bien, se disent qu’ils en seront récompensés: peut-être dès ce monde, et sûrement « dans l’autre monde ».

C’est me semble-t-il à la fois vrai et faux…

D’ailleurs, en Luc 17,10, Jésus dit: « (le maître) va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ces ordres? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites: Nous sommes de simples serviteurs: nous n’avons fait que notre devoir. »

Le texte de Luc, qui est rédigé en termes de « devoir » et d’obéissance aux ordres, durcit ce que peut être l’attitude chrétienne la plus pure: qui est une attitude d’amour pour Dieu; de vie dans l’amour, et non dans une succession de devoirs à accomplir.

Même s’il est parfois difficile de choisir la voie de l’amour et de s’y maintenir.

Pour celles et ceux qui sont mariés, pensez-vous votre attitude envers votre conjoint en termes de « récompense » si vous avez fait votre « devoir »? Ce serait dommage, et bien loin du respect infini, de la compréhension profonde de l’autre, qui peuvent imprégner un amour authentique.

On pourrait prendre aussi la relation que nous avons avec nos enfants: attendons-nous une récompense, de tout ce que nous faisons pour eux? « Viens, dirait Jésus, tu as été une bonne maman »? Non me semble-t-il: nous aimons, ce qui est à la fois tout simple et parfois bien difficile.

De même notre relation à Dieu: plus nous entrons dans des habitudes de prière, et de lecture régulière de la Bible, et plus nous pouvons entrer dans une intimité avec le Seigneur; dans une relation simple et confiante, où la notion de récompense future n’a pas vraiment sa place: nous avons déjà la vie en Dieu (et nous sommes confiants qu’elle se poursuivra après la mort).

Un peu comme le dit Saint Paul: Dieu commence à vivre en nous (« Ce n’est plus moi qui vis.. » Galates 2,20).

Notre récompense, c’est de comprendre toujours mieux ce qu’est l’amour; ce qu’est la réalité de Dieu.

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