Deux détails

Deux « détails » différents, notés ces jours-ci à des messes:

    Le prêtre insiste, à propos de Jean 17 – que l’on appelle d’ailleurs « prière » sacerdotale – sur le fait que « Jésus prie son père »…
    Je ne vois pas les choses ainsi: il parle à son père, ce qui n’est pas la même chose. Jésus n’est pas « inférieur à Dieu ». Mais il y  a un dialogue (ou « tri-logue »?) à l’intérieur de Dieu.
    Détail si on veut, mais qui a de l’importance pour moi.
    Certes Jésus on dit aussi qu’à l’agonie « Jésus prie de manière plus instante »… Mais c’est une traduction discutable: le verbe grec est « erotao », qui veut dire demander !
     

    Tout à fait autre chose, et plus important peut-être: la lecture choisie pour un mariage était « Ils ne sont plus deux, mais une seule chair » (Matthieu 19,6). Et le prêtre, comme c’est malheureusement souvent le cas, a insisté dans son homélie sur le fait que les deux mariés ne seraient plus que « un » !
    Ce qui n’est pas du tout la même chose. La chair est essentielle, mais il y a l’esprit, la volonté, l’âme !

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L’intellectuel et le spirituel

Certains auteurs proposent une sorte de distinction tripartite, entre le corps, l’esprit et l’âme. Et j’avoue ne pas réussir à comprendre de quoi ils veulent exactement parler.

Ma femme Catherine propose, plus clairement à mon avis, une distinction entre le corps, l’intellectuel et le spirituel.

Nous avons tous (ou presque tous?) une dimension intellectuelle. Mais l’ouverture au spirituel n’existe pas de façon aussi générale. Est-elle simplement ouverture aux autres? Pas seulement sans doute. Elle est aussi ouverture de tout l’être à plus que lui.

Est-ce une simple « distance », une capacité de voir plus que le monde immédiat? C’est plus profond que cela: c’est une autre attitude par rapport aux autres. Peut-être un passage au niveau au-dessus: où l’essentiel, comme le dit à peu près Saint Exupéry, est au-delà de ce que nous percevons et ressentons directement; où s’ouvre en nous la dimension du mystère.

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Le miracle: signe, ou preuve?

Dans son excellent livre « Les miracles et autres prodiges » (2000), le père François Brune réfléchit avec beaucoup de finesse sur tous les signes et faits extraordinaires, inexplicables par la science aujourd’hui, qui continuent d’être observés.

J’y ai découvert notamment le cas de la voyante Natuzza, née en 1924 et complètement inconnue en France (1), ainsi qu’une description du miracle de Notre Dame de Guadalupe, assez similaire à Lourdes et datant de 1531 ! Le Saint suaire et la tunique d’Argenteuil, entre autres, font aussi l’objet d’une analyse détaillée.

Je voudrais insister surtout ici sur la critique que le Père Brune fait (pp. 21 et suivantes) de la doctrine traditionnelle de l’Eglise concernant les miracles, qui conduit selon lui à une impasse. Les théologiens catholiques, dit-il, ont voulu faire du miracle une preuve; et de même ils parlent de « preuves de l’existence de Dieu ». Le père Brune voit là un rationalisme, datant de Saint Thomas d’Aquin, contraire à une véritable liberté du chrétien. Les orthodoxes, dit-il, refusent ces « preuves ». Paul Evdokimov écrit: « On ne prouve pas l’existence de Dieu; on l’éprouve ». Car le terrain où nous pouvons rencontrer Dieu comporte certes la raison, mais ne s’y réduit pas. C’est nécessairement avec tout notre être que cette rencontre peut se faire; elle est le fruit de l’intelligence du coeur.

Avec le développement des sciences, écrit le père Brune, tel phénomène, tel miracle qui paraissait hier inexplicable le paraît aujourd’hui beaucoup moins. D’où l’impasse où semble se trouver peu à peu le bureau des constatations médicales de Lourdes.

Pour sa part, Saint Augustin écrivait: « Le miracle ne contredit pas la nature; il contredit la connaissance que nous en avons ».

Et le père Brune ajoute: « La preuve imposerait l’existence de Dieu avant qu’on ait eu le temps de la désirer. »

——–
(1) La « cause de béatification » de Natuzza a été ouverte… le 6 avril dernier, il y a 3 semaines!!

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La foi: relation à Dieu !

Il y a beaucoup de définitions et d’affirmations en ce qui concerne la foi.

Il me semble pour ma part qu’il s’agit tout simplement de notre relation à Dieu: « avoir la foi », c’est être en relation avec Dieu.

Chacun a, ou n’a pas, au cours de sa vie, l’occasion de découvrir que cette relation est possible, qu’elle a un sens. De découvrir que Dieu n’est pas un croquemitaine (Dieu méchant) ou une illusion. Et quand on admet que, oui, Dieu existe, alors il paraît plus que naturel de s’adresser à lui, sauf si on suppose (ou bien on vous fait croire) qu’il faut passer par toutes sortes de formalités.

Dieu s’est adressé à Abraham; Abraham lui a répondu, et a cru ce que Dieu lui disait.
Le problème évidemment pour les hommes d’aujourd’hui est d’essayer de discerner, parmi tout ce que les croyants disent, ce qui leur paraît vrai.

Mais fondamentalement, il doit s’agir d’une relation directe avec l’être tout autre, dont au départ le nouveau croyant ne sait pas grand chose. S’il fréquente des chrétiens, il aura sans doute entendu dire que Dieu est amour. Et le jour où il le croit, il entre de fait en relation avec lui: s’adresser à lui devient la première chose à faire !

J’ai écrit ce billet après un texte sur « Le juste vivra de la foi« , sur un autre blog. On traduit souvent « le juste vivra PAR la foi », ce qui à la fois ne me paraît pas correct par rapport au texte grec (la préposition grecque employée est « ek »), et surtout donne à l’homme un rôle en quelque sorte trop actif dans sa relation à Dieu: comme si on possédait sa foi; comme si on pouvait être fier de sa foi. La comparaison avec le mariage me vient naturellement: je ne possède pas ma relation avec ma femme; et je ne vis pas « par » cette relation – mais largement « grâce » à cette relation.

Cela peut amener à remettre en cause certaines définitions de la théologie ou du catéchisme.
– Est-ce le baptême qui nous donne la foi ?? Je pense que cette formulation serait à éviter.
– Est-ce que la foi est un don de Dieu? Ce n’est pas la bonne façon de parler à mon avis; la foi est relation; Dieu propose, et la foi naît de la rencontre!

Et enfin je pense à ce passage de la lettre de Saint Jacques (2,19): « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent » ! Croire QUE, ce n’est pas la même chose que croire EN quelqu’un, qui nous ouvre à son amour.

Les commentaires sont bienvenus.

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Péché, etc. Une autre approche

Je me lance: mon approche n’est pas celle exprimée par le théologien orthodoxe dans le billet précédent, ni exactement la catholique, même si j’arrive aux mêmes conclusions que cette dernière.

D’abord, c’est clair pour moi, Adam et Eve n’ont pas existé en tant que personnages « historiques »; et il n’y a pas eu de « premier péché ». Il n’y a pas eu de « chute ». Voir par exemple ce qu’en dit le bibliste André Wénin.

On dit que l’homme est pécheur, et c’est vrai; et c’est cela que veut exprimer le mythe du péché d’Adam: nous ne faisons pas toujours les bons choix! Nous ne suivons pas, en tout, la voie que Dieu nous propose.

Mais dire que l’homme est pécheur ne signifie pas forcément que « tout homme est pécheur » ! Pourquoi n’y aurait-il pas des exceptions? Pourquoi la pratique fidèle du judaïsme n’aurait-elle pas conduit à une montée spirituelle (cf texte de Wénin cité ci-dessus) où des personnages d’exception, vivant pleinement dans leur foi, ne pécheraient pas? Pourquoi écartons-nous cette idée?

Dès lors, Jésus est « simplement » venu en/chez une telle personne !
Je n’ai pas besoin, de ce point de vue, d’énoncer la chose comme une « immaculée conception », mettant Marie hors de l’humanité courante. Elle est, du point de vue que j’exprime, la plus belle fleur du judaïsme ancien !

Je ne crois pas, en somme, que notre nature soit « déchue ». Nous étions des animaux, que l’évolution et/ou la volonté de notre Dieu a conduits à monter dans l’intelligence et dans l’amour. Au départ, évidemment nous étions (et sommes toujours) violents, complètement égoïstes, etc. Marie marque une première étape.

Et Jésus, lui, nous propose d’aller beaucoup plus loin: de comprendre que l’amour le plus complet, seule voie pour une humanité pacifiée et unie, c’est la croix !

La croix ne nous « sauve » pas: elle nous montre le chemin.

J’ai déjà dit tout cela dans mon livre « Le fait Jésus« .

Quant au fait que le corps de Marie ait disparu, cela arrive aussi à des sages hindous semble-t-il. Mais évidemment, dans le cas de Marie, cela confirme le niveau exceptionnel de spiritualité qu’elle avait – ou avait atteint en accompagnant la vie de Jésus.

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Toujours sur le péché et Marie…

Je viens de lire un excellent article orthodoxe  (voir ici).

On y lit notamment ce qui suit:

L’Eglise orthodoxe croit que Marie est immaculée depuis sa conception mais dans le sens qu’elle n’a JAMAIS commis de péché PERSONNEL. Cependant Marie étant née de l’union charnelle de deux époux, donc, étant de la descendance d’Adam, elle a partagé notre nature déchue en naissant comme nous dans un corps mortel … et donc sous la loi du péché. Certes Marie a tenu ses pensées, son cœur et sa volonté dans la lumière du Seigneur et s’est gardée du péché mais cela par son propre combat contre le péché; ce n’était pas une espèce de divinité incapable de toute possibilité de péché. Par l’incarnation du Christ, le Saint Esprit a alors triomphé définitivement en Elle et par le OUI de Marie, non seulement, Dieu a racheté le genre humain déchu, mais a aussi scellé la Grâce en la Mère de Dieu. Ce OUI a marqué le consentement du genre humain à l’Œuvre salvatrice, le rétablissement de l’union à Dieu perdue par le péché d’Eve et d’Adam. Nous faisons la différence entre péché des origines, qui est le péché personnel d’Adam, et loi du péché qui est la condition humaine naissant dans un monde déchu avec toutes les conséquences du péché d’Adam (sollicitation à pécher, maladie, souffrance, mort…), et péchés personnels de chacun.

Dans l’Eglise catholique, ces notions n’ont pas du tout le même sens. Le dogme du péché originel, selon la théorie augustinienne, est défini davantage comme une souillure innée qui correspond à la concupiscence que tout être humain, de ce fait maudit, porte en lui dès sa conception. Partant de ce dogme purement propre à l’Eglise d’Occident (qui considère Saint Augustin comme le Père des Pères de l’Eglise), toutes les questions se sont posées concernant Marie: avait-elle la concupiscence en elle? Le dogme de l’Immaculée Conception en résulte. Mais les Orthodoxes posent alors une question fondamentale : si Jésus est né d’une mère ‘parfaite’, cela fausse complètement l’affirmation du Credo « s’est fait homme »; dès le départ il n’est pas comme nous!
Et ce n’est pas tout: selon le sens donné au dogme de l’Immaculée Conception, l’Eglise catholique considère Marie comme Eve AVANT la chute et donc non passible de mort, d’où le dogme qui suivit, celui de l’Assomption, passant complètement sous silence la Dormition « humaine » de la Mère de Dieu.

Intéressant, non ?

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Assomption, dormition, immaculée conception

Plusieurs mots sont employés pour la Vierge Marie.

« L’assomption », définie comme un dogme en 1950 par l’Eglise catholique, ne fait pas partie de la théologie orthodoxe. La différence est cependant faible, car tous sont d’accord qu’on n’a jamais vénéré de reliques de la Vierge, et donc que son corps a disparu. Le terme « dormition », utilisé par les orthodoxes, comprend  la montée au ciel de Marie corps et âme, Marie étant la première ressuscitée.

« Assomption » signifie: « a été élevée (au ciel) » (en latin: « assumpta est »). Pas de rapport a priori avec le terme « assumer » (« assumée » par Dieu?), même si l’origine latine est commune.

« L’immaculée conception » concerne le péché originel: si catholiques et orthodoxes sont d’accord sur le fait que Marie n’a jamais péché, les catholiques l’expriment en disant qu’elle a été préservée du péché originel, alors que les orthodoxes considèrent qu’elle n’était pas une espèce de divinité incapable de toute possibilité de péché: qu’elle était donc potentiellement soumise au péché originel. La différence est assez subtile.

Concernant la possibilité pour le corps d’un humain décédé de ne pas connaître la corruption, il existe un certain nombre de saints qui sont dans ce cas.
Et concernant la disparition complète du cadavre après la mort, on rapporte le cas de sages indiens à qui cela serait arrivé (mais je n’ai pas trouvé de référence).

Marie est morte; son cadavre n’est dans aucun lieu connu; et elle est au ciel. L’Assomption fête sa place prééminente dans le ciel.

 

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