L’Ange du Seigneur

Quand le Premier Testament parle de l’Ange du Seigneur, c’est bien souvent le Seigneur lui-même dont il s’agit.

Exemple dans la Genèse, après qu’Abraham ait lié Isaac pour le sacrifier:

L’Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel et dit : Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis. Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m’as obéi. ( Genèse 22,15-18)

Noter que, après avoir appelé Abraham, l’ange dit: « Je le jure par moi-même » (..), et « Je te comblerai de bénédictions.. » etc.
Il est Dieu.

Les exemples sont assez nombreux dans le Premier Testament, et ce point est bien connu des biblistes; c’est pourquoi j’ai mis ce billet ici et non dans le blog « Bibliques« .

Un cas un peu différent, mais impressionnant d’un point de vue chrétien, est la rencontre au chêne de Mambré (Genèse 18), où se mélangent le singulier et le pluriel.

1. Le Seigneur apparut à Abraham (..).
Abraham leva les yeux et aperçut trois hommes debout non loin de lui. (..)  Il dit « Mon Seigneur, ne passe pas près de ton serviteur sans t’arrêter; je vais vous apporter à manger .. »
(..)
5. Ils répondirent: « Fais comme tu l’as dit ».

Puis, toujours dans le même récit:

9. Ils lui dirent: « Où est Sarah, ta femme? »
Abraham répondit: « Elle est dans la tente »
10 Le SEIGNEUR reprit: « Je dois revenir, au temps du renouveau, et alors Sarah ta femme aura un fils.

Ce sont bien les mêmes personnages qui parlent, mais tantôt au pluriel et tantôt au singulier.
Un ange? Trois anges? … DIEU !

Cette apparition de Dieu, sous forme de trois êtres qui parlent parfois au singulier, évoque évidemment pour les chrétiens la Sainte Trinité.

Additif: Il y a bien entendu, dans le Premier Testament comme dans le Nouveau, des anges, des « envoyés », qui sont bien distincts de Dieu: cf. p.ex. le livre de Tobit, ou l’Annonciation! 

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Que ton règne vienne !

Quand nous disons ou « récitons » cette phrase du Notre Père  « Que ton règne vienne ! »,  quelles sont les pensées qui nous traversent, si nous faisons attention à nos paroles?

Comme chrétiens vivant dans la foi et dans l’amour, nous pouvons y voir d’abord un appel au Seigneur: « Viens vivre en moi! » « Que ton règne vienne en moi en traversant mon péché! »

J’y vois aussi, comme à la fin de l’Apocalypse, l’appel au Seigneur: « Viens Seigneur Jésus! » (Ap 22,20). Oui, viens transformer notre monde, « changer nos coeurs de pierre en coeurs de chair » (Ezéchiel 36,26) !

C’est également l’acceptation, comme Marie: « Oui Seigneur, que ta volonté se fasse en moi ».

Et enfin c’est, avec Dieu, une vision de son travail sur le monde: Oui Seigneur, ton règne vient: « Que l’homme veille ou qu’il dorme,  la nuit et le jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment » (Marc 4,27)

Voir aussi: Prier avec quelques phrases du Notre Père: http://plestang.free.fr/txc-notp.htm .

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Le bon berger et le jugement

Les textes de dimanche dernier (Christ Roi année A) comportaient à la fois Ezéchiel 34 (la brebis perdue, je la chercherai) et Matthieu 25 (le jugement dernier)…
Notre prêtre s’est appuyé sur eux pour un rapprochement audacieux, et miséricordieux…

Rien n’est définitivement perdu pour Dieu a-t-il dit: les « chèvres », que le Fils de l’homme place à sa gauche, sont-elles « perdues », définitivement? « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis » dit le texte d’Ezéchiel. « La brebis perdue, je la chercherai; l’égarée, je la ramènerai« . « J’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées« .

Magnifique inversion, où le texte de Matthieu parle de sévérité, tandis que le texte du Premier Testament parle d’amour et de guérison!

Et donc c’est comme si, en réalité, le « jugement dernier » n’était qu’une étape; qu’un constat sous le regard du Christ, après lequel Dieu, inlassablement, poursuivra sa quête auprès des hommes, « afin que tous soient sauvés » (1 Tim 2,4).

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Esprit Saint et providence

Avec quelques amies nous avons vécu l’autre jour ce que j’appelle une « coïncidence », et que l’on peut aussi appeler un clin d’oeil de Dieu. Nous avions eu une réunion sur les « NDE » (expériences aux frontières de la mort »), et le compte rendu a ensuite été reçu par mel, sans que nous comprenions comment, par une dame que nous ne connaissons pas, très intéressée, qui nous a dit… qu’elle avait eu une NDE !
Notons d’abord que ces « coïncidences », faits inexpliqués, ne paraissent remarquables qu’à ceux qui sont directement concernés; quelqu’un d’autre dira qu’il y a sûrement une explication rationnelle au fait que cette dame ait reçu le compte rendu! Nous, nous y voyons « un clin d’oeil de Dieu ».

C’est un type d’intervention de Dieu. Il y en a d’autres, que l’on peut classer de même sous la catégorie « providence »: un problème ennuyeux se résout, etc. ; on a prié pour quelque chose d’improbable, et cela se produit. Pour ceux qui vivent dans la foi, ce genre de « clins d’oeil » peut même être relativement fréquent; les sceptiques, qui ne comprennent pas combien Dieu peut être présent en permanence, et aussi ceux qui sont dans le malheur sans pouvoir en sortir, ont plus de mal à accepter cela. Je les comprends, mais dois témoigner que l’autre réalité existe aussi, sans que nous ayons aucun mérite: Dieu nous a appris à nous reposer entre ses mains.

Parlons maintenant de l’Esprit Saint: une des amies disait: « c’est un clin d’oeil de l’Esprit Saint ». Je pense qu’il y a là confusion. Dieu n’est pas qu’Esprit Saint, et le rôle de l’Esprit Saint, tel que je le comprends, n’est pas de gérer la providence. L’Esprit est celui qui nous transforme intérieurement, qui nous guide dans nos décisions, qui nous aide quand il faut parler, etc. Il est l’aide intérieure.

Dieu est Père, providence; il est Fils, chair de notre chair, eucharistie; il est Esprit, qui nous guide et nous donne sa douceur. Vivons cette Trinité.

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« Renoncer » à soi-même?

La TOB traduit même: « se renier » soi-même…
J’ai écrit un billet sur ce passage de l’évangile de Matthieu, lu hier.

Voir http://bibliques.wordpress.com/2014/09/01/quil-renonce-a-lui-meme-mt-1624/

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La foi est une relation

(texte de 2012 que je retrouve – peut-être l’ai-je publié ailleurs?)

Nous regardions tout à l’heure, Catherine et moi, les montagnes qui nous entourent. La phrase de l’évangile nous est revenue: « Si vous aviez une foi grosse comme une graine de moutarde, vous diriez à cette montagne: ‘Déplace-toi d’ici à là’, et elle se déplacerait; rien ne vous serait impossible » (Mt 17,20).

L’inconvénient de ce texte (ou de sa traduction, il faudrait mieux regarder), c’est qu’on le comprend comme si la foi était quelque chose qui est en quelque sorte « à nous »: une propriété que nous aurions.

Alors que si on comprend la foi comme une relation à notre Seigneur bien aimé, ce que nous voudrons faire sera ce que nous pensons qu’il veut voir se faire, dans son amour et sa vision globale du monde.

La foi est relation; on pourrait remplacer la phrase de Matthieu par « Si votre amour pour les hommes et pour le monde était gros comme une graine de moutarde … »; étant entendu que la source de l’amour, c’est Dieu, et que c’est le canal qui nous relie à Dieu qui aurait grossi, pour que son amour y passe!

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En route avec le Seigneur

J’imagine que quelqu’un me dise: « Tu en as de la chance d’avoir la foi! »
Je répondrais: oui, j’ai de la chance d’être amoureux du Seigneur et confiant dans son amour.

C’est lui qui a fait les premiers pas: il m’a suggéré d’apprendre à le connaître. Et j’ai eu envie de le connaître davantage.

Un jour ensuite j’ai eu envie de faire un grand saut – qui sera toujours à renouveler: le saut dans le don total de soi. Etre prêt à tout abandonner pour le suivre.
Chacun peut un jour sentir qu’il est invité à ce saut; par exemple à l’occasion d’une retraite.

Et lorsqu’on a tout misé sur la confiance, sur le don, que pourrait-on craindre?

A condition d’accepter tout ce qu’il donnera, et qui ne sera pas forcément un jardin de roses.  Face à chaque situation, la remettre entre ses mains!
D’où l’importance de la « Puissance de la louange » (Merlin Carothers).

On est alors en route avec le Seigneur, et tout ce que l’on vit est « donné ».

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