Je crois.. quelqu’un? Ou quelque chose?

En lisant un livre de Dominique Degoul intitulé « Schéma de la foi chrétienne », dont le début comprend d’excellentes réflexions, par exemple sur Adam, sur le « sacrifice » du Christ et sur le salut « hors de l’Eglise », je suis gêné ensuite par la démarche suivie, visant me semble-t-il à « mieux comprendre ce que l’on croit », ce qui conduit, tel que je ressens le livre, beaucoup plus à une démarche intellectuelle à partir de ce que l’on pense savoir de Dieu (déduction), qu’à une démarche spirituelle, se donnant à Dieu et progressant d’abord par la relation à Lui; par la prière en somme.

L’auteur, que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors d’un exposé très brillant qu’il a fait sur la limite des dogmes, est jésuite, et il est vrai que je n’ai personnellement jamais « accroché » avec l’approche jésuite de la spiritualité. Par exemple les « consolations » et « désolations » me sont décidément étrangères, au bout de dizaines d’années.

Ma démarche est très philosophique, autour de – et à partir de – ce que j’ai peu à peu expérimenté en cherchant à me donner entièrement à Dieu. Pas comme un soldat (Ignace), mais comme un amoureux, un François d’Assise; un saint Bruno dans sa Chartreuse, une Thérèse de Lisieux. Donc j’écris peu à peu des bribes de théologie à partir de ce que je vis; c’est notamment mon livre « Le fait Jésus », dont l’approche du péché, qui me parait proche de celle de certains saints, est toujours mal reçue, complètement incomprise!

C’est mon coeur qui est en avant; et mon cerveau cherche à mettre au clair ce que je vis et ressens, tourné vers Dieu.

Dieu sur lequel mes idées n’ont pas grand chose à voir avec celles de la plupart des gens, je le crains. Parce que mon esprit ouvert est prêt à toutes sortes d’hypothèses. C’est un autre aspect du « Fait Jésus »…

C’est – philosophiquement – tout le problème de l’approche inductive et non déductive. Van Vogt, et maintenant surtout Gonseth, m’ont accompagné dans cette voie.

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Les juifs dans le plan de Dieu

Il est toujours délicat de parler des juifs quand on ne l’est pas soi-même.

Aujourd’hui, en groupe Bible, nous reparcourions l’itinéraire – si je puis dire – de la révélation, avec toutes ses étapes depuis Abraham et Moïse, pour aboutir à Jésus, et à nous.
Ceci en lisant le chapitre 12 de l’évangile de Jean, et la fameuse citation d’Isaïe, qui vient juste à la fin de la vie publique, avant le dernier repas: « Il a aveuglé leurs yeux et endurci leur coeur, pour qu’ils ne voient pas; pour qu’ils ne comprennent pas, et qu’ils ne se convertissent pas. » (Isaïe 6,9-10 – que Jean adapte).

Et j’ai tendance à dire: « Il est grand l’itinéraire du peuple juif ! »
Par l’Exode, par l’Exil à Babylone et des siècles d’une histoire apparemment sinueuse, Dieu se forme un peuple. Et, « patatras » en somme, pourrait-on dire: au moment où, au sein de ce peuple, il existe des « pauvres de Dieu » en nombre suffisant pour que la parole de Jésus puisse y germer, il y a à nouveau une chute du peuple, par la mise à mort de Jésus, et le refus – par la majorité du peuple – de reconnaître en lui le Messie attendu.

Ce refus, ou du moins cette mise à mort faisaient partie du plan de Dieu! Il fallait cet endurcissement pour que Jésus puisse mourir, et nous révéler l’amour infini.

Et, un peu comme pendant l’itinéraire sinueux du premier testament, le peuple juif continue !
Sa continuation, la valeur très exceptionnelle qu’il apporte, siècle après siècle, à l’humanité, sont un signe très fort; et je suis convaincu qu’il y a une place pour le peuple juif dans le plan de Dieu!   Paul le dit dans les chapitres 9 à 11 des Romains: il affirme  que « les dons de Dieu sont irrévocables ».

« O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu!
« Qui a en effet connu la pensée du Seigneur?  »

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A propos des dogmes

Je vais essayer de résumer ci-dessous comment je comprends actuellement la notion de « dogme ».
Je reproduis d’abord un extrait d’un exposé que j’ai fait il y a quelques années:
Les dogmes énoncent la foi telle qu’on la comprenait à l’époque où ils ont été formulés. Ce sont souvent des points d’accord que les chrétiens d’une époque ont trouvé pour mettre un terme à des conflits.

Le site Croire.com écrit: () : Les dogmes sont « irréformables » quand on les prend au sens qu’ils avaient dans le contexte où ils ont été produits, en particulier au sein des controverses auxquelles ils voulaient mettre un terme. Cela ne signifie pas que nous devions les utiliser dans leur littéralité pour dire la foi aujourd’hui. Les dogmes sont souvent plus intéressants par ce qu’ils refusent (et qu’il importe de cerner pour les comprendre !) que par ce qu’ils affirment. Ils ne « contiennent » pas la foi mais lui servent de balises. La foi ne porte pas sur ces énoncés eux-mêmes, mais sur la réalité « divine », impossible à formuler, qu’ils désignent mais ne contiennent pas.

Un dogme essaie d’exprimer, forcément de façon incomplète (limitée par notre humanité) certains aspects d’une réalité qui nous dépasse : la perception que nous en avons; les idées que nous avons sur elle.
Lorsque l’Eglise proclame un dogme, c’est souvent (toujours?) pour insister sur un aspect de notre foi qui est refusé/écarté/oublié par des « hérétiques ».
Il s’agit, comme dans les « symboles », d’expliciter une façon commune de comprendre une question disputée.
Le tout, à une époque particulière.

Personne ne croit plus aujourd’hui, je suppose, que « Jésus est assis à la droite de Dieu« …
Mais on rejoint ici le problème du contenu formel, mot pour mot, des écritures…
… pour lesquelles on pourrait se poser la même question: ne sont-elles pas « datées »?

Je cite dans mon livre « Le fait Jésus » (p.62) cette position d’un bibliste protestant (Scot McKnight):
 « Dieu a parlé à l’époque de David à la manière de David ; (..) il a parlé à l’époque de Saint Paul à la manière de Saint Paul. (..) Les pages du Nouveau Testament expriment à la façon du premier siècle l’évangile et la vie de l’église ; elles sont datées ; inspirées par l’Esprit, mais restant des façons de s’exprimer du premier siècle. »

« L’infaillibilité » de l’Eglise, telle que les catholiques la comprennent, ne devrait pas exclure une révision du vocabulaire… et des concepts!

 

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Deux détails

Deux « détails » différents, notés ces jours-ci à des messes:

    Le prêtre insiste, à propos de Jean 17 – que l’on appelle d’ailleurs « prière » sacerdotale – sur le fait que « Jésus prie son père »…
    Je ne vois pas les choses ainsi: il parle à son père, ce qui n’est pas la même chose. Jésus n’est pas « inférieur à Dieu ». Mais il y  a un dialogue (ou « tri-logue »?) à l’intérieur de Dieu.
    Détail si on veut, mais qui a de l’importance pour moi.
    Certes Jésus on dit aussi qu’à l’agonie « Jésus prie de manière plus instante »… Mais c’est une traduction discutable: le verbe grec est « erotao », qui veut dire demander !
     

    Tout à fait autre chose, et plus important peut-être: la lecture choisie pour un mariage était « Ils ne sont plus deux, mais une seule chair » (Matthieu 19,6). Et le prêtre, comme c’est malheureusement souvent le cas, a insisté dans son homélie sur le fait que les deux mariés ne seraient plus que « un » !
    Ce qui n’est pas du tout la même chose. La chair est essentielle, mais il y a l’esprit, la volonté, l’âme !

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L’intellectuel et le spirituel

Certains auteurs proposent une sorte de distinction tripartite, entre le corps, l’esprit et l’âme. Et j’avoue ne pas réussir à comprendre de quoi ils veulent exactement parler.

Ma femme Catherine propose, plus clairement à mon avis, une distinction entre le corps, l’intellectuel et le spirituel.

Nous avons tous (ou presque tous?) une dimension intellectuelle. Mais l’ouverture au spirituel n’existe pas de façon aussi générale. Est-elle simplement ouverture aux autres? Pas seulement sans doute. Elle est aussi ouverture de tout l’être à plus que lui.

Est-ce une simple « distance », une capacité de voir plus que le monde immédiat? C’est plus profond que cela: c’est une autre attitude par rapport aux autres. Peut-être un passage au niveau au-dessus: où l’essentiel, comme le dit à peu près Saint Exupéry, est au-delà de ce que nous percevons et ressentons directement; où s’ouvre en nous la dimension du mystère.

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Le miracle: signe, ou preuve?

Dans son excellent livre « Les miracles et autres prodiges » (2000), le père François Brune réfléchit avec beaucoup de finesse sur tous les signes et faits extraordinaires, inexplicables par la science aujourd’hui, qui continuent d’être observés.

J’y ai découvert notamment le cas de la voyante Natuzza, née en 1924 et complètement inconnue en France (1), ainsi qu’une description du miracle de Notre Dame de Guadalupe, assez similaire à Lourdes et datant de 1531 ! Le Saint suaire et la tunique d’Argenteuil, entre autres, font aussi l’objet d’une analyse détaillée.

Je voudrais insister surtout ici sur la critique que le Père Brune fait (pp. 21 et suivantes) de la doctrine traditionnelle de l’Eglise concernant les miracles, qui conduit selon lui à une impasse. Les théologiens catholiques, dit-il, ont voulu faire du miracle une preuve; et de même ils parlent de « preuves de l’existence de Dieu ». Le père Brune voit là un rationalisme, datant de Saint Thomas d’Aquin, contraire à une véritable liberté du chrétien. Les orthodoxes, dit-il, refusent ces « preuves ». Paul Evdokimov écrit: « On ne prouve pas l’existence de Dieu; on l’éprouve ». Car le terrain où nous pouvons rencontrer Dieu comporte certes la raison, mais ne s’y réduit pas. C’est nécessairement avec tout notre être que cette rencontre peut se faire; elle est le fruit de l’intelligence du coeur.

Avec le développement des sciences, écrit le père Brune, tel phénomène, tel miracle qui paraissait hier inexplicable le paraît aujourd’hui beaucoup moins. D’où l’impasse où semble se trouver peu à peu le bureau des constatations médicales de Lourdes.

Pour sa part, Saint Augustin écrivait: « Le miracle ne contredit pas la nature; il contredit la connaissance que nous en avons ».

Et le père Brune ajoute: « La preuve imposerait l’existence de Dieu avant qu’on ait eu le temps de la désirer. »

——–
(1) La « cause de béatification » de Natuzza a été ouverte… le 6 avril dernier, il y a 3 semaines!!

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La foi: relation à Dieu !

Il y a beaucoup de définitions et d’affirmations en ce qui concerne la foi.

Il me semble pour ma part qu’il s’agit tout simplement de notre relation à Dieu: « avoir la foi », c’est être en relation avec Dieu.

Chacun a, ou n’a pas, au cours de sa vie, l’occasion de découvrir que cette relation est possible, qu’elle a un sens. De découvrir que Dieu n’est pas un croquemitaine (Dieu méchant) ou une illusion. Et quand on admet que, oui, Dieu existe, alors il paraît plus que naturel de s’adresser à lui, sauf si on suppose (ou bien on vous fait croire) qu’il faut passer par toutes sortes de formalités.

Dieu s’est adressé à Abraham; Abraham lui a répondu, et a cru ce que Dieu lui disait.
Le problème évidemment pour les hommes d’aujourd’hui est d’essayer de discerner, parmi tout ce que les croyants disent, ce qui leur paraît vrai.

Mais fondamentalement, il doit s’agir d’une relation directe avec l’être tout autre, dont au départ le nouveau croyant ne sait pas grand chose. S’il fréquente des chrétiens, il aura sans doute entendu dire que Dieu est amour. Et le jour où il le croit, il entre de fait en relation avec lui: s’adresser à lui devient la première chose à faire !

J’ai écrit ce billet après un texte sur « Le juste vivra de la foi« , sur un autre blog. On traduit souvent « le juste vivra PAR la foi », ce qui à la fois ne me paraît pas correct par rapport au texte grec (la préposition grecque employée est « ek »), et surtout donne à l’homme un rôle en quelque sorte trop actif dans sa relation à Dieu: comme si on possédait sa foi; comme si on pouvait être fier de sa foi. La comparaison avec le mariage me vient naturellement: je ne possède pas ma relation avec ma femme; et je ne vis pas « par » cette relation – mais largement « grâce » à cette relation.

Cela peut amener à remettre en cause certaines définitions de la théologie ou du catéchisme.
– Est-ce le baptême qui nous donne la foi ?? Je pense que cette formulation serait à éviter.
– Est-ce que la foi est un don de Dieu? Ce n’est pas la bonne façon de parler à mon avis; la foi est relation; Dieu propose, et la foi naît de la rencontre!

Et enfin je pense à ce passage de la lettre de Saint Jacques (2,19): « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent » ! Croire QUE, ce n’est pas la même chose que croire EN quelqu’un, qui nous ouvre à son amour.

Les commentaires sont bienvenus.

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