A propos des dogmes

Je vais essayer de résumer ci-dessous comment je comprends actuellement la notion de « dogme ».
Je reproduis d’abord un extrait d’un exposé que j’ai fait il y a quelques années:
Les dogmes énoncent la foi telle qu’on la comprenait à l’époque où ils ont été formulés. Ce sont souvent des points d’accord que les chrétiens d’une époque ont trouvé pour mettre un terme à des conflits.

Le site Croire.com écrit: () : Les dogmes sont « irréformables » quand on les prend au sens qu’ils avaient dans le contexte où ils ont été produits, en particulier au sein des controverses auxquelles ils voulaient mettre un terme. Cela ne signifie pas que nous devions les utiliser dans leur littéralité pour dire la foi aujourd’hui. Les dogmes sont souvent plus intéressants par ce qu’ils refusent (et qu’il importe de cerner pour les comprendre !) que par ce qu’ils affirment. Ils ne « contiennent » pas la foi mais lui servent de balises. La foi ne porte pas sur ces énoncés eux-mêmes, mais sur la réalité « divine », impossible à formuler, qu’ils désignent mais ne contiennent pas.

Un dogme essaie d’exprimer, forcément de façon incomplète (limitée par notre humanité) certains aspects d’une réalité qui nous dépasse : la perception que nous en avons; les idées que nous avons sur elle.
Lorsque l’Eglise proclame un dogme, c’est souvent (toujours?) pour insister sur un aspect de notre foi qui est refusé/écarté/oublié par des « hérétiques ».
Il s’agit, comme dans les « symboles », d’expliciter une façon commune de comprendre une question disputée.
Le tout, à une époque particulière.

Personne ne croit plus aujourd’hui, je suppose, que « Jésus est assis à la droite de Dieu« …
Mais on rejoint ici le problème du contenu formel, mot pour mot, des écritures…
… pour lesquelles on pourrait se poser la même question: ne sont-elles pas « datées »?

Je cite dans mon livre « Le fait Jésus » (p.62) cette position d’un bibliste protestant (Scot McKnight):
 « Dieu a parlé à l’époque de David à la manière de David ; (..) il a parlé à l’époque de Saint Paul à la manière de Saint Paul. (..) Les pages du Nouveau Testament expriment à la façon du premier siècle l’évangile et la vie de l’église ; elles sont datées ; inspirées par l’Esprit, mais restant des façons de s’exprimer du premier siècle. »

« L’infaillibilité » de l’Eglise, telle que les catholiques la comprennent, ne devrait pas exclure une révision du vocabulaire… et des concepts!

 

A propos Philippe Lestang

Auteur du livre "Le fait Jésus" (Actes Sud 2012) - http://www.plestang.com
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