Le bon berger et le jugement

Les textes de dimanche dernier (Christ Roi année A) comportaient à la fois Ezéchiel 34 (la brebis perdue, je la chercherai) et Matthieu 25 (le jugement dernier)…
Notre prêtre s’est appuyé sur eux pour un rapprochement audacieux, et miséricordieux…

Rien n’est définitivement perdu pour Dieu a-t-il dit: les « chèvres », que le Fils de l’homme place à sa gauche, sont-elles « perdues », définitivement? « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis » dit le texte d’Ezéchiel. « La brebis perdue, je la chercherai; l’égarée, je la ramènerai« . « J’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées« .

Magnifique inversion, où le texte de Matthieu parle de sévérité, tandis que le texte du Premier Testament parle d’amour et de guérison!

Et donc c’est comme si, en réalité, le « jugement dernier » n’était qu’une étape; qu’un constat sous le regard du Christ, après lequel Dieu, inlassablement, poursuivra sa quête auprès des hommes, « afin que tous soient sauvés » (1 Tim 2,4).

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Esprit Saint et providence

Avec quelques amies nous avons vécu l’autre jour ce que j’appelle une « coïncidence », et que l’on peut aussi appeler un clin d’oeil de Dieu. Nous avions eu une réunion sur les « NDE » (expériences aux frontières de la mort »), et le compte rendu a ensuite été reçu par mel, sans que nous comprenions comment, par une dame que nous ne connaissons pas, très intéressée, qui nous a dit… qu’elle avait eu une NDE !
Notons d’abord que ces « coïncidences », faits inexpliqués, ne paraissent remarquables qu’à ceux qui sont directement concernés; quelqu’un d’autre dira qu’il y a sûrement une explication rationnelle au fait que cette dame ait reçu le compte rendu! Nous, nous y voyons « un clin d’oeil de Dieu ».

C’est un type d’intervention de Dieu. Il y en a d’autres, que l’on peut classer de même sous la catégorie « providence »: un problème ennuyeux se résout, etc. ; on a prié pour quelque chose d’improbable, et cela se produit. Pour ceux qui vivent dans la foi, ce genre de « clins d’oeil » peut même être relativement fréquent; les sceptiques, qui ne comprennent pas combien Dieu peut être présent en permanence, et aussi ceux qui sont dans le malheur sans pouvoir en sortir, ont plus de mal à accepter cela. Je les comprends, mais dois témoigner que l’autre réalité existe aussi, sans que nous ayons aucun mérite: Dieu nous a appris à nous reposer entre ses mains.

Parlons maintenant de l’Esprit Saint: une des amies disait: « c’est un clin d’oeil de l’Esprit Saint ». Je pense qu’il y a là confusion. Dieu n’est pas qu’Esprit Saint, et le rôle de l’Esprit Saint, tel que je le comprends, n’est pas de gérer la providence. L’Esprit est celui qui nous transforme intérieurement, qui nous guide dans nos décisions, qui nous aide quand il faut parler, etc. Il est l’aide intérieure.

Dieu est Père, providence; il est Fils, chair de notre chair, eucharistie; il est Esprit, qui nous guide et nous donne sa douceur. Vivons cette Trinité.

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« Renoncer » à soi-même?

La TOB traduit même: « se renier » soi-même…
J’ai écrit un billet sur ce passage de l’évangile de Matthieu, lu hier.

Voir http://bibliques.wordpress.com/2014/09/01/quil-renonce-a-lui-meme-mt-1624/

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La foi est une relation

(texte de 2012 que je retrouve – peut-être l’ai-je publié ailleurs?)

Nous regardions tout à l’heure, Catherine et moi, les montagnes qui nous entourent. La phrase de l’évangile nous est revenue: « Si vous aviez une foi grosse comme une graine de moutarde, vous diriez à cette montagne: ‘Déplace-toi d’ici à là’, et elle se déplacerait; rien ne vous serait impossible » (Mt 17,20).

L’inconvénient de ce texte (ou de sa traduction, il faudrait mieux regarder), c’est qu’on le comprend comme si la foi était quelque chose qui est en quelque sorte « à nous »: une propriété que nous aurions.

Alors que si on comprend la foi comme une relation à notre Seigneur bien aimé, ce que nous voudrons faire sera ce que nous pensons qu’il veut voir se faire, dans son amour et sa vision globale du monde.

La foi est relation; on pourrait remplacer la phrase de Matthieu par « Si votre amour pour les hommes et pour le monde était gros comme une graine de moutarde … »; étant entendu que la source de l’amour, c’est Dieu, et que c’est le canal qui nous relie à Dieu qui aurait grossi, pour que son amour y passe!

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En route avec le Seigneur

J’imagine que quelqu’un me dise: « Tu en as de la chance d’avoir la foi! »
Je répondrais: oui, j’ai de la chance d’être amoureux du Seigneur et confiant dans son amour.

C’est lui qui a fait les premiers pas: il m’a suggéré d’apprendre à le connaître. Et j’ai eu envie de le connaître davantage.

Un jour ensuite j’ai eu envie de faire un grand saut – qui sera toujours à renouveler: le saut dans le don total de soi. Etre prêt à tout abandonner pour le suivre.
Chacun peut un jour sentir qu’il est invité à ce saut; par exemple à l’occasion d’une retraite.

Et lorsqu’on a tout misé sur la confiance, sur le don, que pourrait-on craindre?

A condition d’accepter tout ce qu’il donnera, et qui ne sera pas forcément un jardin de roses.  Face à chaque situation, la remettre entre ses mains!
D’où l’importance de la « Puissance de la louange » (Merlin Carothers).

On est alors en route avec le Seigneur, et tout ce que l’on vit est « donné ».

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Marie, Mère de Dieu selon la chair

J’avoue être choqué lorsqu’une oraison ou un cantique dit de Marie qu’elle a « engendré le créateur du Monde« . C’est absurde logiquement.

Le concile d’Ephèse a défini Marie comme « mère de Dieu », puisque Jésus est Dieu. Des cantiques anciens en déduisent que Marie est la mère du créateur:
« Tu quae genuisiti, natura mirante, tuum sanctum Genitorem« : Toi qui a engendré, devant la nature émerveillée, ton saint Créateur (« Alma Redemptoris mater »). (Cité par exemple par le pape Benoit XVI le 1° janvier 2008).

Ce n’est évidemment pas « Dieu le Père » que Marie a engendré: n’est-ce pas l’occasion de se rappeler que la Trinité est constituée de trois personnes?

Dans un billet de mon site (colonne de droite) je mentionne une autre approche, que les discussions préparatoires au Concile d’Ephèse suggèrent: c’est de considérer que Marie a engendré Jésus « selon la chair »; ce qui va dans le sens du prologue de Jean, pour lequel Jésus préexistait.

Au lieu de « croire parce que c’est absurde« , et donc d’admirer cette contradiction que constitue – ou constituerait – une créature engendrant son créateur, il me semble préférable d’essayer, avec nos esprits du XXI° siècle, de voir en Marie la génitrice de ce que Dieu a choisi de nous montrer de lui sous forme d’un homme.

On pourrait alors dire par exemple que Marie est « Mère de Dieu fait homme », ou « Mère de Dieu selon la chair ». On éviterait de dire qu’elle est la « mère du créateur », ce qui n’a aucun sens.

Il s’agit d’énoncer notre foi de la façon la plus précise possible; cela permet un meilleur dialogue avec tous les hommes, et notamment avec les juifs et les musulmans.

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Ce qu’est la foi

Sur cette question (« ce qu’est la foi et ce qu’elle n’est pas »), un article intéressant (en anglais) de Robert Barron sur le site « Strange Notions », dont j’ai déjà parlé.

Rien d’original: c’est la doctrine classique. Elle est présentée ici à travers la comparaison avec la rencontre d’un homme (ou d’une femme), sur lequel on sait des choses, mais qu’il faut ensuite décider de croire ou non quand la conversation devient plus intime.
Dieu ne nous demande nullement de renoncer à la raison, mais au contraire de comprendre tout ce que nous pouvons comprendre avec l’aide de la raison.

La limite de cet article: il suppose implicitement que chercher Dieu n’est pas contraire à la raison… Alors que la majorité des incroyants pensent savoir que l’idée même de l’existence de Dieu n’a pas de sens. Ils ne sont pas ouverts. Et tout le problème, en science comme en philosophie et en religion, est d’être ouvert (cf. mon livre « Le fait Jésus« ).

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